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NOUMÉA


Monnaie de necessite - Nouméa
Banque de l'Indo-Chine - Nouméa
Capsule Aluminium - Intérieur rouge avec timbre de 25 centimes de la Nouvelle-Calédonie
32.5 mm


Article extrait de 1925 :

La Banque de l'Indochine

Ce n'est pas assez de dire que la Banque de l'Indochine s'est développée en même temps que la grande colonie qui lui a donné son nom. Il n'y a pas eu seule­ment croissance simultanée. La Banque de l'Indochine a été, dans une large mesure, l'instrument du dévelop­pement économique et de l'enrichissement de l 'Indochine.
Créée en 1875, par décret, pour assurer les avan­tages d'une circulation fiduciaire à la Cochinchine et aux Indes Françaises, la Banque de l'Indochine ne compta tout d'abord qu'un siège, celui de Saïgon, auquel vint ,s'ajouter bientôt celui de Pondichérv. Avec les années, le nom­bre des agences n'a pas cessé de croître. Ces agen­ces ont été établies, soit dans les possessions fran­çaises d'Extrême-Orient, soit dans les pays limitro­phes, où il était nécessaire que la Banque fasse péné­trer l'influence économique française et trouve une contre-partie aux opéra­tions faites dans les colo­nies. C'est ainsi que, en Chine notamment, la Ban­que, à la demande du Gouvernement français, a créé plusieurs agences. A Pékin même, elle agit comme représentant du Groupe français dans le Consortium des affaires chinoises.
Actuellement, la Banque compte vingt et une succursales et agences.
En Indochine : Saïgon, Haïphong, Hanoï, Pnom-­Penh, Tourane et Battam­bang. - Aux Indes Fran­çaises : Pondichéry. - En Nouvelle-Calédonie : Nou­méa. - A Tahiti : Papeete. - Côte Française des So­malis : Djibouti. - Au Siam : Bangkok. - Colonies anglaises d'Extrême-Orient : Hong-Kong et Singapour. - En Chine : Pékin, Mongtze, Tientsin, Shanghaï, Hankéou, Canton, Yun­nan-Fou et Fort-Bayard.
La Banque de l'Indochine a grandi peu à peu, sans à-coups. La manière prudente et sage avec laquelle elle a été dirigée à son début lui a permis de devenir un des établissements bancaires les plus considérables de tout l'Extrême-Orient et de rivaliser avec les institu­tions étrangères analogues les plus puissantes.
Son activité est diverse, suivant les pays où elle est établie. En Chine, à Singapour, au Siam, elle travaille dans les mêmes conditions que les autres banques étran­gères, fait du change, du crédit documentaire, etc... En Indochine, qui reste le centre principal de son activité, elle fail. toutes les opérations de banque et jouit, en outre, du privilège d'émission que lui a concédé l'Etat, sous certaines conditions. Il en est de même à la Nouvelle-Calédonie, à la côte Française des Somalis, aux Etablissements Français de l'Océanie et de l'Inde.
Le rôle d'une banque d'émission est difficile à remplir en tous pays, mais il l'est particulièrement dans les pays neufs où tout est à créer des rouages écono­miques modernes. Il a fallu un temps considérable et de patients efforts pour habituer les indigènes à se départir de leurs habitudes conservatrices qui les portaient à n'accepter, comme instrument d'échange, que des monnaies métalliques. Ce changement considérable, qu'il était nécessaire de provoquer dans leurs coutumes, est maintenant un fait accompli. Les indigènes acceptent sans difficulté les billets d'une banque établie depuis longtemps dans leur pays et à laquelle ils font entièrement confiance.
La circulation fiduciaire qui, pendant de longues années, était restée à un niveau relativement peu élevé, a cru considérablement depuis dix ans. Le 31 décembre 1924, elle se montait à 929 millions 728.304 fr. 50, dont la presque totalité était pour l'Union indochinoise (Papeete : 19 millions, Nouméa : 13 millions, Djibouti : 4 millions, et Pondichéry : 4 millions environ).
Cette masse de moyens monétaires, judicieusement répartie (parmi les commerçants, les industriels, les agriculteurs et les producteurs de tous ordres, a permis le développement économique si rapide et si remarquable de l'Indochine.
Il serait trop long d'énumérer toutes les entre­prises auxquelles la Banque de l'Indochine a consenti des crédits et des facilités de trésorerie sous une forme ou une autre. On peut dire qu'il n'est pas une Société importante qui n'ait trouvé auprès d'elle les ressources qui lui étaient indispensables pour le développement de ses affaires.
La comparaison des derniers bilans avec ceux des premières années permet de mesurer le chemin parcouru par la Banque de l'Indochine.
Au 31 décembre 1880, le capital était de 8.000.000.
Au 31 décembre 1924, de 72.000.000.
Les Fonds de réserve ont passé de 113.497 francs a plus de 24.000.000 de francs.
Les billets en circulation, de 4.239.164 francs à 929.728.000 francs.
Les comptes de dépôts, de 614.988 francs à 402 millions 692.000 francs.
A l'actif, le portefeuille est passé de 3.639.000 francs à 779.332.000 francs.
Les avances, de 1.313.000 francs à 518.450.000 francs.
Cette croissance remarquable est une sûre garantie de l'avenir qui est réservé à la Banque de l'Indochine.