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Note : Cliquez sur
pour voir les images. Ce ne sont pas les photos originales, elles sont de trop mauvaise qualité.
La présente exposition internationale n'est pas la première du genre que connaisse la France. Personne ne doit oublier que Marseille, dans cette voie, a devancé Paris et c'était juste, puisque Marseille est, avec Bordeaux, la grande porte du pays ouverte sur nos colonies. L'exposition coloniale de Marseille, admirablement organisée, fut un incontestable succès. Rendons cette justice à la grande cité qui en prit l'initiative. Celle de Paris, n'en doutons pas, sera une apothéose qui verra défiler entre ses portes toutes les nations du monde. Elle est destinée à nous faire mieux connaître la France d’outre-mer, à nous inspirer le désir d'y aller chercher les joies du tourisme ou les sourires de la fortune. Elle a, en outre, pour but de célébrer le concours filial que nous apportèrent si loyalement nos colonies au cours de la grande guerre. Il convenait de les en remercier comme de nous dire que, le cas échéant, nous pouvons encore compter sur elles. Il n'est rien de tel que de se sentir les coudes. Même avec cette conviction, essentiellement française, que nous ne verrons plus jamais les jours dramatiques à quoi je viens de faire allusion.
Un détail qui la caractérise bien, cette colossale exposition, c'est qu'elle a été placée sous le patronage du maréchal Lyautey qui est le type le plus pur et le plus remarquable des administrateurs coloniaux : nous lui devons le
magnifique Maroc.
Et comme il lui fallait un second digne de lui, on l'a doublé de M. Marcel Olivier, gouverneur général des colonies, qui a laissé, comme résident général à Madagascar, un souvenir impérissable.
En évoquant ces jours de deuil et de gloire, il ne nous est pas permis d'oublier qu'on a défini la France : un empire de cent millions d'habitants.
Il y en aurait 40 dans la Métropole et 60 dans les Colonies. A un autre point de vue, la première mesure 551 mille kilomètres carrés et les autres : 12 millions, ce que représentent, par comparaison, les figures ci-dessous:
Ouverte le 6 mai, l’exposition ne doit fermer qu’en fin octobre. A la rigueur, sa durée pourrait être prorogée.
L’Exposition coloniale a été installée dans le cadre qui semble lui avoir été prédestiné: le bois de Vincennes.
Là, elle couvre l'énorme superficie de 110 hectares; soit, approximativement un peu plus de 1.200 mètres en longueur (de l'est à l’ouest) sur un peu plus de 900 mètres dans l'autre sens. Je donne ces dimensions pour que les visiteurs se fassent une idée plus précise des distances qu'ils auront à franchir.
Paris est, d'ailleurs, 100 fois plus grand.
Le parc de cette Exposition longe les anciennes fortification, pas très loin de la Seine. On peut encore considérer, pour s'y diriger, l'enclos comme un rectangle dont le milieu est, ovalement, occupé par le lac Daumesnil. La visite exigera, donc, qu'on fasse le tour du lac; en zigzaguant quelque peu pour passer d'une construction à une autre sans trop s'écarter de l'itinéraire.
On a calculé qu'elle coûtera, tant à l’Etat qu'aux particuliers, dans les environs de 325 millions, dont approximativement, 125 millions pour l'Etat. Cette dépense devrait être couverte à la fois par l'émission des Bons à lots qui avait été prévue pour 100 millions et qui sont, en grande partie, souscrits, les entrées et. les redevances. Espérons que les exposants rentreront également, d’une façon ou d'une autre, dans leurs frais. Chacun des indigènes qui y figurent revient à environ 1.000 francs par mois.
En principe, il est fixé à 3 francs, mais, aux précédentes exposition, on trouvait des tickets à des prix infimes, surtout vers la fin. Aux jours de grandes fêtes, il pourra être porté à 5 francs.
Les dimanches et jours fériés, ouverture à 9 heures; les jours ouvrables : 10 heures. Fermeture : minuit.
Il y en a, autant dire, tout autour de l'enceinte. Les principales sont : la porte d'honneur ou de Picpus
, la porte de Charenton ou de Neuilly, la porte de Gravelle, celle de la Demi-lune et celle de Vincennes.
La porte de Picpus est particulièrement monumentale encore que de lignes très sobres. Elle compte 100 mètres de largeur sur 150 de profondeur.
Elle est située dans l'axe de l'Avenue Daumesnil, à la station de la Porte-Dorée, du Métropolitain. Le plan en est de M. Basin, architecte et la décoration lumineuse, de M. A.-C. Dilly. Ses nombreux guichets ont des destinations variées à quoi on devra prêter attention avant de s'y présenter.
Remarquez-y ses 4 pylônes formant fontaines, ses candélabres de 15 mètres de haut; son obélisque cyclopéen, ses parterres de fleurs et de gazon.
Une tour, qui ne mesure pas moins de 35 mètres en hauteur, est munie de projecteurs d'une puissance de 200 kilowatts fort capables de « jeter des torrents de lumière sur les obscurs blasphémateurs» de cette grandiose manifestation.
Devant la porte vous trouverez des guichets où acheter des tickets, où transformer le talon de vos Bons, etc. Mais il y a aussi des gens industrieux qui vous cèderont à prix doux des tickets et des guides : écoutez-les.
On peut répéter ici ce qu'on a toujours dit de Rome : tous les chemins mènent à l'Exposition. C'est, surtout, vrai du Métro, dont une des principales artères, la ligne d'Auteuil à Charenton, comporte deux stations qui ouvrent, l'une, dite de La Porte-Dorée, devant la porte d'honneur et l'autre, Porte de Charenton devant la porte du même nom (ou de Reuilly). Les autobus, les tramways, le chemin de fer de ceinture, les bateaux parisiens : stations du Pont-National ou du Pont-de-Charenton, y conduisent également. Cent mille visiteurs peuvent, ainsi, être amenés ou en être évacués, par heure.
Pour visiter utilement l'Exposition, un plan est rigoureusement indispensable et qu'on aura, au préalable, longuement étudié. Ce premier aperçu vous fera voir, au centre, le lac Daumesnil avec ses deux îles de Bercy et de Reuilly; en entrant, à gauche, l'immense Palais de la Section métropolitaine et le Musée permanent des Colonies, et à droite la Cité des Informations. Derrière cette gigantesque Cité et au sud du lac, il y a, d'abord, les sections françaises, puis une partie des sections étrangères. Aux deux cornes opposées, voyez le Parc des Attractions et le Parc Zoologique. Au nord du lac est l'autre partie des Sections étrangères. En somme, les Sections étrangères sont à l'opposé des portes de Picpus et de Reuilly.
L'Exposition ne contient pas seulement des palais administratifs; on y rencontre, et en grand nombre, des exploitations particulières: cafés, buvettes, dégustations, boutiques, exhibitions, etc., etc., qui constituent des délassements indispensables.
Les attractions sont légion et, toutes, méritent votre visite. Si certaines ne tiennent pas tout ce qu'elles promettent, soyez-leur indulgents et amusez-vous quand même.
Cafés : Ils foisonnent. Les prix sont variables. La plupart sont affichés, ce qui devrait être la règle générale. Aux gens économes et de précaution, je dirai : Ne commandez rien sans vous être assuré de ce qu'il vous en coûtera. Cette mesure vous évitera des déceptions.
Restaurants : Même observation. On mange depuis 10 frs, 15 frs., 25 frs., jusqu'à 50 francs.
On trouve à acheter du pain, du chocolat, du lait, des sandwichs, etc. Ce qui n'empêche pas de nombreux visiteurs d'apporter leur manger.
L'Indochine, l'Algérie, le Maroc, etc., ont ouvert des cafés et des restaurants exotiques.
Au surplus, tout en parcourant l'exposition, ayez soin de noter les endroits où il vous plairait de vous arrêter, le moment venu, pour y consommer tout en vous reposant.
Chemin de fer circulaire Decauville : Il fait le tour de l'Exposition sur une voie de 3 kilomètres et demi. Le tour complet est de 5 francs, le demi-tour : de 3 fr. Il comporte 6 stations. C'est un excellent moyen de jeter un coup d'œil général sur l'admirable foire.
Cars électriques : Même réflexion que ci-dessus. Ils sont un peu plus économiques : 3 francs le tour complet; 2 frs le demi.
Bateaux divers sur le lac Daumesnil.
Pousses-Pousses : Ici on paye au quart d'heure : 5 fr.
Des éléphants, des chameaux, des zèbres, des bourricots, etc., s'offrent aux amateurs.
Les chaises coûtent (en location!) 0 fr. 50 et les fauteuils : 1 fr.
Il y a des bancs. L'usage en est gratuit. Ils sont très recherchés et trop rares.
Pour voir en détail cette si vaste Exposition, c'est, au bas mot, de 10 à 15 kilomètres de chemin à parcourir.
Arrangez-vous en conséquence.
Pour ne pas vous fatiguer inutilement et perdre un temps précieux, astreignez-vous à un sens unique.
Essayons-en un.
Nous entrons par la porte principale.
Nous tournons à droite.
M. Citroën a édifié un palais consacré autant à son industrie qu'aux traversées de l'Afrique et de l'Asie. C'est un homme de mérite qui n'a jamais déçu personne. Honorons son stand d'une visite. Nous y verrons les choses les plus curieuses.
Ce vaste monument couvre tout près de 2 hectares. On y a réuni une documentation abondante et tous les renseignements que pourrait solliciter le promeneur.
Ce dernier y admirera un grand hall circulaire d'un rayon de 22 mètres surmonté d'une coupole de 37 mètres de haut.
Tout autour sont aménagés : bureau de poste, salons de lecture, tabac, banque, restaurant, café, etc., et une salle de cinéma de 1.500 places.
Après avoir fait le tour de la Cité des Informations, on trouve, en sortant, le Palais des Bois Coloniaux dédié, pourrait-on dire, aux énormes forêts, tropicales et autres de nos possessions d'outre-mer.
Une statue en bois, de 5 mètres de hauteur, d'une belle couleur noire, symbolise cette production.
Un palais particulier est consacré à la plus populaire et à la plus démocratique de nos voies ferrées.
Prenons la peine d'en lire les statistiques qui y sont affichées et on sera surpris de l'énorme quantité de voyageurs qui descendent chaque jour par une bouche du métro et ressortent ailleurs.
Quelle fourmilière; mais il faut savoir pour s'en rendre compte.
A la suite du Métro, c'est un immense bâtiment de 3.000 mètres carrés de superficie où résident l'Agriculture, l'Horticulture et la Sylviculture avec tous les instruments dont ces services se font besoin.
La Sylviculture l'emporte par le cadre, puisque c'est à elle que nous devons le Bois de Vincennes.
Mais, des horticulteurs français nous tenons la décoration florale qui orne si richement et de façon si variée l'Exposition.
Le palais consacré à la grande île nous oppose ces murs d'un rouge brique cher à toute l'Afrique. Les collections qu'on y a groupé nous donnent une exacte idée de la très grande valeur actuelle et de l'avenir brillant de ce territoire.
Elle a 51 mètres de haut, est surmontée de 4 têtes de zébue d'un effet curieux et domine, tel un clocher, un village malgache qui nous donne une idée locale aussi exacte que le pourrait faire un voyage.
Quittant, non sans regret, Madagascar, revenez sur vos pas, vers la porte de Reuilly, par la rue des Fortifications, jusqu'à la Route de Reuilly afin de visiter rapidement, sauf à y revenir plus tard.
Il y a là, 200 boutiques de vente qui sollicitent la bourse du promeneur, le Scénic-Railway traditionnel, mais qu'on ne se lasse jamais de prendre, une Brasserie africaine très couleur locale, etc., etc.
Faites, en quittant l'endroit, un dernier tour à gauche, reprenez la Route de Reuilly et entrez dans la Grande Avenue des Colonies françaises.
A gauche, vous verrez le Palais des Somalis.
Il fait l'angle de la route de la Croix-Rouge et de la Grande Avenue des Colonies françaises
.
On sait que la colonie des Somalis, c'est l'ancienne colonie d'Obock. Elle est située à l'entrée orientale de la mer Rouge, en face de ce prétentieux Aden qui lui a si longtemps disputé le droit de vivre, qu'on la crut morte.
Un beau réveil lui était ménagé.
Sur le détroit de Bab-el-Mandeb (Porte des Pleurs, ou de la Mort) elle est devenue la porte de l'Abyssinie et de l'Empire éthiopien qu'elle relie au monde par un chemin de fer. Tout de même sa population ne dépasse guère 125.000 habitants et Djibouti, sa nouvelle capitale, n'en rassemble que 8.000.
Dans ce Djibouti il y a une mosquée que nous n'irons pas voir, mais qui a fourni la modèle du pavillon que nous admirons ici, avec son patio et sa fontaine des ablutions.
Sa salle de prière, c'est le bureau du commissaire.
Le minaret, que domine un croissant, rappelle les tours mésapotamiques.
C'est donc d'un ensemble curieux, élégant et instructif.
Ces trois caractères, on les retrouvera dans presque tous les palais.
De Djibouti, nous voyons encore le port représenté, à l'intérieur, sur une maquette, et le marché, diorama.
Comme les Italiens, nous péchons dans la mer Rouge, des perles, des éponges et des coraux : le pavillon nous fait savoir les engins qui servent à ces exploitations.
Deux éléphants, une véranda fleurie, un patio à ciel ouvert, fleuri lui aussi, de vastes salles, à la fois claires et fraîches, c'est le type de la riche maison hindoue comme il en existe encore à Pondichéry.
Près de l'entrée, il y a lit en pierre, le poyal, sur lequel le maître de la maison s'étend pour recevoir ses hôtes.
Dans une des salles évoquées ci-dessus vous admirerez des meubles magnifiques.
Les lampes de l'entrée sont des lampes rituelles authentiques.
Fort joli, dont l'ingénieux architecte est M. Oradour. Une collection de bois précieux retiendra justement votre attention.
Près de luis se trouve le
Les Catholiques et les Protestants y voisinent chrétiennement.
Ce qui en fait le charme et l'intérêt, c'est l'intelligence et l'héroïsme des missionnaires qui ont réuni, au prix de leur santé, et, souvent, de leur vie, des collections curieuses et instructives qu'il importe d'admirer longuement.
Dans la crypte catholique sont des instruments de tortures authentiques. Façade de l'église
décorée de symboles chrétiens; vitrail hexagonal de Mlle Huré; mappemonde qui nous renseigne sur le développement des missions; terrasse islamique; campanile de 40 mètres de haut, etc.
L'entrée des missions protestantes
est dominée par une croix lumineuse de 5 mètres de haut qu'à édifié le maître-verrier Sabino.
Derrière les Missions sont les
Le premier
nous présente un portique inspiré des palais de Hué. Une superbe stéréorama vous donnera l'impression d'un voyage là-bas.
Le Palais du Cambodge
vous retiendra par sa pagode de style kmer et surtout, n'en rougissez pas, par les danseuses royales.
Ces lieux chers à Loti sont, ici, représentés par un "farehau" (maison polynésienne), construit avec des troncs de cocotiers, des bambous et des roseaux et couvert avec des feuilles de pandanus; il est monté sur pilotis.
Des huttes coniques entourent cette paillote qui, à l'intérieur, est décorée avec des costumes indigènes, des collections de coquillages et de poissons. Dioramas, cartes, faune, fresques, etc.
Trois pavillons sont consacrés l'un, au centre, à la Nouvelle-Calédonie, un second, à gauche, aux Nouvelles-Hébrides et le troisième, à droite, aux îles Wallis.
Ils rappellent les anciennes cases des chefs indigènes au sein de la tribu canaque et leurs objets et costumes usuels : tam-tams, totems, masques; faces humaines en bois sculpté, mâts ornés de trophées, etc.
Devant les Missions, sont les Pavillons de la
Dans le premier, où vous pourrez déguster le fameux rhum que produit l'île, vous entendrez un orchestre jouant les biguines créoles. Une vitrine y fait revivre l'horreur de l'éruption du Mont-Pelé, en 1902.
Le Pavillon de la Réunion, avec sa cour intérieure, est dans le style du pays : colonnades, fontaines, etc., rien n'y manque.
Dans celui, enfin, de la Guadeloupe, remarquez le marché couvert, ses vendeuses coiffées de madras; attendez, pour y assister, les danses créoles.
De là, sans vous laisser tenter par le Temple Kmer, visitez le Cambodge et l'Annam.
Quant à Angkor, nous le verrons tout de suite.
Ici, c'est, encore, une belle pagode, et en outre, un village de pêcheurs, 13 ateliers divers, sampans, joueurs de flûte, restaurant indochinois dont vous désirerez goûter quelque peu la cuisine.
Prenez, alors, la chaussée dallée de 300 mètres de long sur 10 de large qui s'offre à vous.
Elle va vous conduire au Temple d'Angkor.
C'est le seul chemin qui convienne.
Il prépare votre esprit à la merveille indochinoise.
C'est sa voie sacrée, sa Via sacra.
Nous laissons sur notre gauche les bureaux du Commissariat de l'Indochine qui sont installés dans un pavillon que nous reconnaissons.
Oui ! Il a figuré, en 1925, à l'Exposition des Arts Décoratifs.
Et on dit que nous ne sommes pas un peuple conservateur !
On dit aussi Angkor-Vat
, ce qui est plus précis, puisque Angkor signifie seulement un site, tandis que Vat, qui veut dire pagode, s'applique plus spécialement à la construction où nous sommes.
Ce palais est la reproduction exacte du massif central d'Angkor-Vat, chef-d'oeuvre de l'art kmer.
Quel fut le fondateur d'Angkor ? Très probablement Jaçoverman qui régna sur les ancêtres du peuple cambodgien actuel vers la fin du IXe siècle de notre ère.
Angkor est visité sur place, par le monde entier qui le considère comme une merveille. Sa reproduction, à Paris, est, en tout point admirable et passe pour le clou de l'Exposition.
Notre pagode d'Angkor couvre une superficie de 5 mille mètres carrés.
Absolument comme en Indochine et toutes proportions respectées, elle se montre à nous avec ses quatre tours d'angle surmontées de coupoles dentelées en forme de tiare, qui ont 50 mètres de hauteur, son dôme central qui en compte 5 de plus et, à l'extrémité du Temple, deux autres tours qui sont hautes de 30 mètres.
Le soubassement carré de 70 mètres de côté environ, sur 14 de haut.
Dans l'axe de l'esplanade par où nous sommes arrivés, se dresse l'escalier d'honneur de plus de deux cents marches sur 250 mètres de longueur.
Accessoirement, c'est un ensemble singulier et stupéfiant de portiques, de galeries, de salles abondamment décorées, de voûtes constituées par des verrières de couleur qui diffusent une clarté presque religieuse.
Quatre cours intérieures aèrent le monument.
Des pièces d'eau le bordent à l'extérieur.
N'ayons pas peur de violer la sainteté du Temple. Pénétrons-y.
Son rez-de-chaussée et ses deux étages sont transformés en salles d'exposition.
En particulier, le deuxième est une sorte de musée rétrospectif qui raconte aux yeux l'histoire de l'Indochine à travers les âges.
Cheminant le long de l'esplanade sacrée nous parvenons au Tonkin.
Nous y voyons représenté une place villageoise, avec sa maison commune, ou Dinh, ses échoppes, ses ateliers, ses artisans. C'est pittoresque, mais on aurait pu faire mieux.
C'est le pavillon de voyage en...miniature et en Indochine.
Un de ses pavillons représente le Musée Blanchard de la Brosse, à Saïgon. A coté, l'autre figure un important marché de Cholon.
Divers pavillons sont consacrés à la pêche, à la chasse et aux forêts. Ils valent un coup d'oeil rapide. C'est instructif et il en reste toujours quelque chose dans la mémoire.
Ici, l'architecte, M. Fichet, s'est inspiré, pour notre instruction, des cases, en forme d'obus, de la région de Logone que nous retiendrons mieux que toutes les descriptions que nous en lirions.
Il en est résulté une construction circulaire très originale de 27 mètres de diamètre et de 20 mètres de hauteur.
Dans les galeries figure toute la documentation qui devait être la principale raison de l'Exposition et que nous devrions prendre la peine de nous assimiler.
Hélas ! nous nous attarderons moins longtemps devant ses vitrines que dans le village pahouin qui lui a été adjoint.
Ce village compte 40 indigènes : hommes, femmes et enfants.
Chacun d'eux nous coûte un peu plus de mille francs par mois, ce qui n'a rien d'excessif.
Après l'A.E.F., l'A.O.F.
La guerre mondiale nous a appris, par système D, à abréger, donc :
Le pays riche, peuplé (14 millions d'habitants), et pittoresque a été doté d'un vaste terrain : 4 hectares, environ.
Au milieu s'élève l'inévitable et généralement curieux palais. Celui-ci, aux murs rouges, hauts de 16 mètres, couvre 5.000 mètres carrés
. Il est de style soudanais. Massif et imposant, son donjon central, avec ascenseur et plate-forme, a 45 mètres de hauteur. Deux autres tours comptent, chacune, 30 mètres. La façade s'étend sur 65 mètres.
N'omettez pas d'utiliser l'ascenseur.
Du haut de la tour vous aurez le panorama de l'Exposition.
Le Palais contient les collections documentaires.
A ses pieds, par contre, vous êtes en pleine Afrique noire et, plus spécialement, dans la vieille ville musulmane de Djenné
, avec ses ruelles, ses murs de pisé rouge, ses boutiques, ses ateliers, ses 200 habitants : Sénégalais en burnous blancs; Peulh, en robe noires; Maures, juges et tirailleurs.
Je crois que ce groupement est le mieux réussi de l'Exposition.
On s'y arrête volontiers pour assister au travail de ses artisans, dont l'outillage rudimentaire convient à ces peuples enfants.
Nous possédons - et nous l'avons montré au monde étonné - le meilleur soldat et la plus belle armée.
Mais, jamais, l'un et l'autre n'ont été qu'au service du droit.
Napoléon, lui-même, malgré les apparences, n'a fait la guerre que pour se défendre, ou plutôt, pour défendre les idées révolutionnaires que l'Europe, alarmé, s'était juré d'étouffer.
Les conquêtes coloniales, nous avons été contraints et forcés de les entreprendre pour mettre fin à des brigandages qui révoltaient l'humanité.
Partout, il en résulte un accroissement de la civilisation et du mieux-être.
Il était donc juste qu'ici nos soldats fussent à l'honneur.
Equitablement on leur a donné la place qu'ils méritaient.
Et, cependant, avec discrétion; plus pour le décor que pour la force.
Tout y est rassemblé dans trois pavillons.
Le premier, Pavillon de l'Honneur militaire hausse le drapeau national au sommet d'une tour de bronze de 82 mètres de hauteur.
C'est moins une exposition qu'une apothéose.
Le second est plus spécialement documentaire.
Le troisième est un foyer du soldat.
Une salle de conférence leur est adjointe.
Attenant à cet ensemble sommaire, voici le Maroc.
Le Palais qui lui a été consacré s'ouvre par une porte monumentale.
Sur une de ses faces, est une vaste salle, au plafond en carène où s'inscrivent les fastes du gouvernement chérifien, le Maghzen : tapis, broderies, oeuvres d'art indigènes, etc.
Des deux cotés, en diorama : Fez avec ses maisons en pente qui se perdent dans la verdure; Marrakech, la ville rouge; les neiges et les monts de l'Atlas
Une cour intérieur aux murs ocrés, qu'ornent un figuier et des grenadiers; un patio tel qu'on en trouve dans les riches demeures de Fez
.
Ca et là, une carte lumineuse et des projections enregistrent les aspects physiques de ce pays né d'hier, dont le présent est si beau et dont l'avenir est illimité.
Un salon de repos, dont la voûte est en bois d'arar, renferme de nombreuses oeuvres d'art et découvertes archéologiques : le chien de Volubilis, une tête de jeune berbère, le fameux Dionysos, le cavalier, etc.
Naturellement, autour du Palais, on a installé des souks indigènes avec leur vie locale : boutiques, ateliers, etc. que des artisans animent de leur patiente industrie.
Il y a aussi, des jardins qui rappellent ceux des Oudaïas à Rabat : pergola, canal d'eaux vives, lignes de cyprès pyramidaux, parterres fleuries selon la formule maghrébine, etc.
Enfin, sur une sorte de place publique, se dressent un restaurant et un café maure où, en particulier, vous pouvez goûter ce fameux thé à la menthe dont vous avez, certainement, entendu parler, du michoué, des pâtisseries, etc., etc.
Il est superflu d'ajouter, pour conclure, que la partie historique et documentaire est abondante.
Remontant l'Avenue du Maroc, passez en dépit de la géographie, en Tunisie, pour entrer, ensuite, dans l'Algérie.
Précisément, cette année nous célébrons le cinquantenaire de l'établissement de notre protectorat.
Nous distinguerons le Palais et ses annexes et les souks.
Le Palais s'annonce par un patio extérieur à colonnade avec, au centre, une vasque de marbre blanc.
Sa façade est revêtue de céramique émaillé et polychrome.
Etage garni d'un moucharabieh.
Cour intérieure.
Dans cette partie du Palais se tient en permanence un détachement de la garde beylicale composé de 32 hommes.
Dans les diverses salles on a distribué toute la partie documentaire que présentent d'ingénieux dioramas. Y figure tout ce que produit la Tunisie et, déjà, c'est considérable.
En particulier, je vous recommande le diorama tournant combiné par François, mécanisme de Fontbonne.
N'oubliez pas, à gauche de la salle principale, un salon d'honneur conçu dans le plus pur style oriental à quoi s'ajoute un petit boudoir entouré de divans, le Kbou.
Ils sont situés de l'autre coté de l'avenue; en face.
Tous ceux qui ont visité Tunis ont, sans doute, commencé leur tournée par les souks qui s'ouvrent, derrière leur muraille antique, au bout de l'Avenue de France et dont la porte est si attirante.
Nous en voyons ici, encore que réduit à sa plus simple expression, un spécimen exact. Mais, tandis qu'à Tunis, les souks sont peuplés de plusieurs dizaines de milliers d'artisans et commerçants, ici, on n'a pu grouper pas même une centaine.
Un minaret et un marabout décorent l'entrée d'un premier souk.
Le deuxième nous fait voir un diorama, figurant la pittoresque rue des Andalous à Tunis; puis c'est la petite place El Barka où se tenait, jadis, le marché aux esclaves.
La place Bab Souika est représentée sur un diorama.
Panorama de Tunis, par la Nézière : immense toile de 37 mètres sur 7.
Escaliers, belvédères, terrasses.
Attractions tunisiennes, charmeurs de serpents, etc.
Rien ne manque à nos souhaits de connaître cette jolie ville cosmopolite où j'ai eu le plaisir d'aller à deux reprises différentes.
C'est l'an dernier (1930) qu'on fêtait le centenaire non pas de la conquête, mais de l'occupation de l'Algérie.
Beaucoup de gens ne savent pas assez qu'on n'a pas conquis ce pays sur ses territoriaux, sur ses indigènes, mais, seulement qu'on a chassé les Arabes qui l'avaient autrefois, envahi puis asservi.
En réalité, nous l'avons délivré et, pour le protéger, pour l'administrer, dans son intérêt, nous le gouvernons.
Qui oserait prétendre, soutenir que la France n'a pas fait la fortune de l'Algérie.
Jusqu'à son intervention ce pays vivait dans le désordre, la misère et l'oppression.
Aujourd'hui il est, autant dire, européanisé.
Le Palais qui lui est consacré, oeuvre de M. Montaland est d'inspiration mauresque, ou, plutôt, berbère
.
Les berbères sont, précisément, les indigènes d'Algérie que les Turcs avaient battus et soumis.
Tout de suite, frappent les yeux un minaret de 37 mètres de hauteur et une coupole ovoïde.
La rotonde de cette coupole, haute de 28 mètres, au rez-de-chaussée, sert d'entrée et précède une galerie de 40 mètres où sont installés des dioramas très instructifs.
Aimez-vous les diorama ? On en a mis partout.
Il y a aussi des patios de toute beauté, dont un à colonnade extérieure.
Les diverses salles de ce grand Palais, qui couvre une superficie de plus de 4.000 mètres, sont superbement décorées et contiennent une foule de documents intéressants.
Fontaine lumineuse. Panneaux de Devêche. Vitraux du même et de Madame Dinet-Rolline.
Jardin indigène.
Fileuses de laine.
Restaurant arabe, café chantant.
Le tourisme en Tunisie, Algérie et Maroc n'est pas à créer. Il existe bel et bien. D'ailleurs, il est complètement justifié par l'intérêt archéologique et historique de cette terre dont le passé est aussi grandiose que celui de Rome, par la beauté de ses sites, par la splendeur de son ciel, par l'intense curiosité que suscite la vie indigène à quoi il est facile d'assister.
Puis, c'est la porte ouverte sur le Soudan Français.
On lui a donc consacré un Palais où sont concentrés tous les renseignements dont les voyageurs, même à l'état latent, peuvent désirer.
Il se trouve en face du Palais de l'Algérie.
Même si vous n'avez pas encore l'intention de traverser la Méditerranée, traversez la route de Ceinture du Lac et visitez ce pavillon si instructif.
Pour beaucoup, l'avenir de nos possessions africaines est lié à une voie pratique de communication entre elles et nous.
La mer nous sépare et nous en éloigne.
Supprimons la mer; nous voici rapprochés.
Ce sera fait demain. Je veux dire dès que sera foré le tunnel prévu qui passera sous le détroit de Gibraltar.
Je lui est consacré, dans le Vernolien (un des meilleurs journaux de l'Eure) l'article suivant qui a ici sa place toute indiquée.
Dans un autre sens, j'ai entrepris d'infatigables démarches pour que le projet du colonel Jévenois figure à l'Exposition coloniale.
Puissent mes effort aboutir.
En attendant, voici l'article :
"On ne parle plus guère du tunnel sous la Manche qui a tant passionné l'opinion française (ce qui ne signifie pas qu'on l'oublie); par contre, voici que revient sur l'eau, si l'on peut dire, celui de Gibraltar qui mérite de nous intéresser encore plus, peut-être, que le précédent.
C'est un Français, qui en a écrit le premier, en 1895; Berlier qui a imaginé le tube Berlier et qui a fait passer deux tunnels métropolitains sous la Seine.
En 1927, son idée a été reprise vigoureusement par le lieutenant-colonel d'artillerie Pedro Jévenois qui sut le faire admettre par le roi d'Espagne et le Général Primo de Rivera et qui me parait très capable de mener l'entreprise à bonne fin.
La ville de Gibraltar (pas même 20.000 habitants) peut bien appartenir à l'Angleterre, le détroit à ses deux rives espagnoles, ce qui supprime les divergences d'opinions divisant deux nations.
La réalisation du tunnel ne dépends donc que de la seule volonté de l'Espagne.
Le détroit est large, au plus court, de 15 kilomètres et, dans le projet du colonel Jèvenois, d'environ 18. Là, il se dessine plutôt sur la face Atlantique que sur la Méditerranée.
Il serait franchi entre la baie de Valdevaqueros et la pente de Tarifa, en Europe pour aboutir au Maroc, sur le territoire espagnol de Ceuta sur 24 kilomètres au maximum.
Comme on le pense bien, le percement sous-marin s'allonge, en terre ferme, de toute la distance qu'exige une pente praticable.
Le colonel Jèvenois prévoit une longueur totale d'environ 32 kilomètres. Il a, d'ailleurs, écrit là-dessus un magnifique volume de 400 pages qu'a préfacé le général D. Berenguer.
La profondeur moyenne du détroit étant de 340 mètres et un solide plafond étant rigoureusement nécessaire, le tunnel passerait approximativement à 350 mètres au-dessous de la mer.
Il comprendrait deux galeries de 6 mètres de diamètre distantes, l'une de l'autre de 60 mètres et reliées par d'autres galeries transversales à intervalles de 200 mètres.
Une troisième galerie de 3 mètre de diamètre, passant en contre-bas des précédentes, assurerait l'évacuation des eaux d'infiltration.
Chacune des grandes galeries recevrait une voie ferrée unique à la double largeur de la voie européenne (1 m. 44) et de la voie espagnole ( 1m. 60). Aller par l'une, retour par l'autre.
Tout cela est parfaitement étudié et mis au point. L'exécution du tunnel n'offre rien d'impossible ni même de bien difficultueux.
C'est l'opinion d'une personnalité des plus compétentes, M. P. Bourgoin, ingénieur général français de l'Artillerie navale de réserve. Il faut l'en croire.
Qu'en coûterait-il ? un milliard de francs Poincarré, pense-t-on. Ce n'est pas introuvable. Si par hasard l'Espagne n'y suffisait pas, la France y ajouterait bien volontiers. Il y va de son profit à tous égards.
Le Maroc, au développement prestigieux sans cesse accru, y trouverait, d'abord, un avantage énorme. Même l'Algérie, la Tunisie et toutes nos colonies de l'Afrique occidentale se trouveraient, par ce tunnel, plus directement reliées à la mère patrie.
Surtout si des conventions préliminaires nous assuraient les garanties spéciales, à quoi nous avons droit.
A ce sujet, nous devons bien penser notre éminent compatriote, M. Lucien Saint, résident général de France au Maroc, a déjà dû étudier la question.
Son intervention est , du reste, facilité par ce fait que si l'Espagne peut creuser sans nous le tunnel de Gibraltar, elle a besoin de nous pour l'exploiter de façon rémunératrice.
Autant dire, en effet, que nous sommes immédiatement aux deux issues de la voie.
Peut-être, sans changer de compartiment, songez que Marrakech sera à quelque 40 heures de Paris et sans cet affreux mal de mer qui nous enchaîne aux rivages; sans l'inconvénient des brumes et des tempêtes.
Ce n'est pas seulement les susdites régions qui passeront par ce tunnel reliant deux continents, deux des cinq parties du monde, c'est encore toute la région du nord européen : Angleterre, Belgique, Allemagne, etc...
Le trafic prévu s'avère formidable et d'extension chaque jour plus grande ce qui autorise les compétences à affirmer que le milliard investi dans cette affaire serait d'un rapport certain autant qu'abondant.
Incidemment, j'ai dit que l'entreprise ne soulevait aucun obstacle insurmontable, citons, tout de même, ne serait-ce que par curiosité, le cas du sol sous-marin.
On sait qu'au delà d'une distance de trois milles du rivages, les eaux sous-marines sont internationales. Qu'en est-il du sol qu'elles recouvrent ?
Faute d'avoir été posée, cette question n'a reçu aucune réponse. Les promoteurs du tunnel sous la Manche ne s'en sont pas inquiétés.
Il y a tout lieu de faire comme eux. Personne, je veux dire aucune nation, ne se mettra en travers du tunnel, même l'Angleterre qui en sera voisine et placée pour tiquer dessus.
Autre question plus délicate ? En cas de guerre européenne (la der des der) nos troupes africaines pourraient-elles venir en France par le tunnel ?
Le colonel Jèvenois - il est vrai qu'il est de nos amis - répond nettement par l'affirmative.
C'est normal.
N'insistons pas plus qu'il ne convient.
Ne cherchons pas ce qui pourrait entraver le projet, mais ce qui doit le faire aboutir. Convenons qu'il est généralement avantageux et facilement réalisable.
En conséquence, à son éminent animateur, le colonel Jèvenois souhaitons cordialement un succès proche et complet à quoi nous lui promettons tous de collaborer."
Prenez, maintenant, la route des Souks et passez à St-Pierre-et-Miquelon qui sont relégués au bord du lac, très sur votre gauche.
Section des plus modeste et qui aurait pu être plus développée.
Si, en temps ordinaires, cet ensemble d'îles ne réunit que 4.000 habitants, on en voit 16.000 au moment des pêches.
Les marchands de morue, qui font une réclame si heureuse, avaient là une riche occasion de célébrer cette intéressante exploitation.
Vous y verrez un logis de pêcheurs conçu dans le style canadien.
Près de ce logis se dresse le Phare, haut de 20 mètres et fort de 80.000 bougies
.
Devant, sur le lac, embarcadère des doris qui servent à la pêche.
En suivant les rives du lac, par la droite, on arrive au Togo et au Cameroun.
Ce sont-là, deux pays, que la grande guerre et sa victoire finale ont, pour partie, fait passer sous notre protectorat.
Ils n'ont qu'à s'en louer.
Ils ne regrettent rien.
Leur section encadrée dans la verdure du bois de Vincennes, occupe sept pavillons ou paillotes répartis sur 4.000 mètres carrés.
Les constructions sont du pur style local qu'ainsi nous apprenons à connaître, sinon à apprécier.
Par ce cuisant soleil qu'on pourrait dire importé des tropiques, nous goûtons davantage les fraîches et ombragées forêts locales qui sont, là, spécialement rappelées.
La maladie du sommeil y est également évoquée et nous constatons les magnifiques résultats obtenus contre elle.
Sur les bords du lac sont des pirogues utilisées par les pêcheurs indigènes.
Contournant, à nouveau l'Algérie, par derrière, nous entrons en Belgique.
Comme il se devait, la chevaleresque Belgique a consacré son stand à sa colonie du Congo.
Et comme elle est accueillante à tous - sauf aux envahisseurs pour qui un traité de neutralité n'est qu'un chiffon de papier - vous trouverez devant son Palais des bancs très curieux, décorés dans le style primitif de Mayumbé. D'autres sont répartis sous les arbres.
Dans une grande cour, trois pavillons assez simples, de style congolais, couvert de chaume.
Commencez par le pavillon de droite qui contient l'ameublement indigène.
Au centre, le Pavillon d'honneur
, dominé de trois grandes coupoles. Salle fraîche que décorent des panoramas figurant des paysages congolais. Au centre, immense vasque pavée de marbre bleu et jaune, d'où nait un grand palmier doré; il en jaillit une éclatante lumière qui va frapper l'étoile congolaise fixée au sommet de la voûte.
Au pavillon gauche, vous pénétrez dans un navire solidement ancré, devenu terrien, qui fait le service de cette prestigieuse colonie.
D'ailleurs, toute cette ingénieuse installation est dédiée aux moyens de transport.
Ne quittez pas la Belgique sans vous arrêter devant un stand particulier consacré à une curieuse colonie de pigeons.
Ils sont là plusieurs centaines vivants en liberté.
A la fois, ils disposent d'un confortable pigeonnier et, sur le sol, d'un cercle plutôt étroit que limite un simple tracé, sans le moindre grillage.
Pourtant, ces charmants oiseaux ne songent nullement à s'en écarter.
Si, parfois, dans un moment d'énervement, ils prennent leur vol jusqu'aux toits voisins, c'est pour peu de temps.
Tout aussitôt ils reviennent docilement à leur préau.
Placez-vous au bas du pigeonnier, vous distinguerez parfaitement le vol un peu lourd, mais puissant de ses occupants qui passent, alors, au dessus de votre tête.
Un écriteau oblige à ne leur acheter de nourriture qu'à leur père et mère, je veux dire à leurs propriétaires.
Faites-vous un devoir de n'y pas manquer. Vous aurez le plaisir très vif de voir ces gracieux volatiles, venir, avec des gestes charmants, manger dans votre main.
A cet égard, on se croirait à Venise.
Nous avons donné, nous Français, le Canal maritime à l'Egypte, elle nous le rend ici.
Le Palais qu'elle lui consacre est d'inspiration égyptienne. Le porche qui lui donne accès s'inscrit entre deux colonnes et derrière un sphinx qui est tout indiqué en raison de la crise que traverse le pays.
Naturellement, tout y parle du canal que vous connaîtrez, désormais dans tous ces détails.
Ici, encore, un sphinx n'eut pas été de trop. Passons là-dessus, d'autant que la Section est parfaitement agencée et d'un intérêt rétrospectif captivant.
La pavillon, qui réunit ces deux pays de protectorat, est d'un style quelque peu composite de l'art arabe du XVIIIe siècle.
Il rappelle, tout ensemble, le palais Azem, de Damas, celui des émirs libanais à Beit-Ed-Dine, le caravansérail d'Alep, etc.
Ses diverses salles comportent une décoration picturale vraiment intéressante : Krah des Chevaliers francs
, Réception de Lamartine par l'émir Béchir, etc. Sarcophages; bustes provenant de fouilles; lion hittite (peuple totalement disparu) du palais d'Azem; ruines de Baalbeck; Médofé : salle de réception druse; costumes locaux; monuments des croisades; représentation d'un intérieur villageois de Syrie et d'un salon du XVIIIe siècle à Dams, etc., etc.
On serait tenté de dire qu'il y en a trop si tout n'était d'un choix parfait et qu'il importe de voir.
Entre Suez et le Liban, derrière la route de la Plaine.
Quelle géographie ! ? Allez, donc, après cela, passer un examen. Il est vrai que d'autres notions, heureusement plus précises, compensent cet itinéraire fantaisiste.
Terre-Sainte, sainte trois et quatre fois puisqu'elle abrite trois ou quatre religions différentes, mais qui se prétendent chacune la seule vrai. Ce qui, au reste, est, au fond, parfaitement vraisemblable.
Inclinons-nous respectueusement et regardons :
Le Pavillon de la Palestine (appellation qui veut peut-être dire, avec une intention péjorative, contrée étrangère, hostile, adverse) est une réplique du tombeau de Rachel, fille de Laban, épouse préférée de Jacob, mère des douze fondateurs des tribus juives.
Son hall principal est surmonté d'une coupole.
Ses diverses salles nous enseignent tout ce qu'il convient de savoir sur la région.
En outre, on y peut déguster le vin produit par ces vignes de Chanaan qui leur mirent l'eau à la bouche, quand les Hébreux, sortis du désert abordèrent au pays de Cocagne que Jéhovah leur donnait sans tenir compte des droits de ses propriétaires : il est vrai qu'il leur enjoignait de les massacrer, ce qui évitait des revendications gênantes.
Goûtez aussi les oranges de Jaffa.
Boutiques de produits indigènes où vous ne manquerez pas de faire des achats.
Et nous voici à la porte du Parc Zoologique.
Situé tout à la corne orientale de l'Exposition, derrière la Route de la Plaine, l'entrée en coûte 2 francs, sans réduction aux porteurs de Bons (?!), mais ça vaut plus. Il est parfait.
Des animaux de choix, abondants et vifs y sont rassemblés, avec goût, dans un cadre savant et approprié où vous avez tout le loisir de les regarder.
Quelle étonnante différence avec les fastidieuses ménageries et exhibitions que nous avons pu voir ailleurs.
C'est une révélation.
Chaque tribu y a son territoire et si bien agencé qu'elle semble y vivre en liberté.
Là, nos frères du 5e jour de la Génèse voient défiler devant eux les êtres nés au 6e jour et qui devaient les dépouiller de leur héritage paradisiaque, les asservir et en vivre.
Que doivent-ils penser de nous ? Car, ils pensent, n'en doutons pas.
Vous y verrez des zèbres, des autruches
, de remarquables et surprenantes girafes, des éléphants dont la trompe indécente et terrible vous choque toujours, dont la massive structure est, quand même, agile, etc., etc.
La montagne des singes
retient les foule qu'ébahit, à juste titre, la souplesse féline et remuante de petits hommes qui sont, peut-être (encore que, personnellement, je n'en crois rien) nos ancêtres immédiats.
Tout près sont les lions. Ceux qui ne les auront pas vus, sur cette scène, si intelligemment disposée, n'auront rien vu.
Vous les regardez. Ils vous fixent et leurs yeux sévères vous expriment éloquemment combien ils goûteraient à faire avec vous intime connaissance.
Sincèrement, une angoissante impression s'en dégage.
De ce parc on ne peut sortir que ravi.
Je ne sais où j'ai vu ce détail accessoire que les éléphants vaudraient, chacun, plus de cent mille francs, les lions : 18.000 francs, les girafes : 16.000 francs, les zèbres : 22.000 francs.
Mettons au pluriel, car il y en a trois, quatre plutôt, si on compte le superbe escalier qui descend au lac.
Le principal est une grandiose reconstitution de la basilique qu'un des empereurs romains, Septime Sévère, originaire de l'endroit, éleva à Septis Magna, capitale de la Lybie et dont il eut, un moment, l'intention de faire la capitale du monde; le célèbre architecte M. Brasini, est l'auteur de cette reconstitution; pour nous, il l'a ornée de magnifiques spécimens de la statuaire grecque de l'époque, que le Palatin a bien voulu nous prêter
.
Un second pavillon, qu'a élevé M. Floriani, est consacré au Dodécanèse (les 12 îles Sporades). M. Lombardi y a reproduit la rue des Chevaliers de Rhodes, qui enchante l'esprit et fait revivre l'époque des Croisades.
Devant ce groupe, un escalier monumental décoré d'une remarquable fontaine, relie l'ensemble au lac Daumesnil et mène à une reconstitution des pêcheries d'éponges et de perles que l'Italie possède sur la mer Rouge.
Enfin, de chaque côté de la fontaine, deux marabouts.
La Hollande, dans un effort prodigieux, offre à Vincennes un palais consacré à ses colonies océaniques
. Vaste, riche, il a, en outre, ce mérite singulier d'avoir été prêt pour l'ouverture de la fête.
Il est de style sumatrien et pousse ses toitures découpées à plus de cinquante mètres de hauteur.
On y a rassemblée une complète collection des productions et des curiosités néerlandaises; leur abondance est purement merveilleuse et dispenserait, certes, d'un voyage en cet extrême-orient.
On y a ajouté un spécimen du célèbre temple du Mendout, avec trois statues de Bouddha, deux Bouddhisawas, des pagodes, etc.
Enfin, y sont adjointes des expositions particulières.
Vous les trouverez derrière le mur balinais qui prend son attache sur le palais néerlandais et vous ne manquerez pas de leur faire visite pour y assister à des représentations et danses indigènes dans un temple balinais.
Il y a, aussi, un village indigène, mais malheureusement, interdit au public.
Cette exposition se continue sur les rives du lac, par une maison sumatrienne bâtie sur pilotis et une batak qui est authentique et qui gagnerait à être mise en valeur.
La place, sans doute, manquant ailleurs, on a élevé, là, entre la Hollande et les Etats-Unis, deux palais.
L'un est consacré aux industries de luxe qui nous rappelle en réduction, l'exposition des Arts Décoratifs : mobilier, mode, couture, parfums, puis autour d'un agréable patio, la joaillerie, l'orfèvrerie, etc. Tout un ensemble essentiellement français dont on aurait regretté l'absence même dans une exposition coloniale.
Annoncé par une gracieuse pergola, flanquée de tours rondes, un patio central donne accès à des salles harmonieusement éclairées qui abritent des collections de peintures et de sculptures, émanant d'artistes coloniaux.
Inutile d'affronter le mal de mer pour aller voir à Mount-Vernon la maison, relique nationale, où mourut Georges Washington
. Les Etats-Unis nous en ont envoyé une réplique.
Un mobilier de l'époque, reproduction des tapis tissés sur l'ordre de Louis XVI, de la chambre de Lafayette, de la clef de bronze de la porte de la Bastille que le héros de l'indépendance américaine reçut des mains de Lafayette et qu'il gardait sur son bureau.
A cette émouvante demeure, d'autres maisonnettes sont attenantes.
L'une fait revivre la cuisine de Mount-Vernon et renferme des métiers, rouets et autres objets de l'époque. L'autre, c'est le bureau de Washington, des totems, etc.
Trois autres bâtiments de style coloniale, groupent des collections documentaires qu'on serait étonné de ne pas rencontrer. Il y en a qui ont trait au canal de Panama et qui, à ce titre, nous retiennent plus longuement.
Des jardins entourent ces palais.
Ajoutons qu'une arrière-petite-nièce de Georges Washington, miss Anne Nadison Washington, invitée du gouvernement français, réside actuellement à Paris, et y restera pendant toute la durée de l'exposition. On la verra à l'exposition.
C'est digne des mille et une nuits, ou mieux encore, du comité de patronage qui a organisé cette exposition.
On s'en fera une idée quand on saura qu'il est présidé par l'Aga Khan, la bégum Shah Nawaz, trois maharadjahs, etc.
Que devait-il en sortir ? Des merveilles.
Il nous propose une réplique du palais de Itmad ud Dowlad, le plus beau monument d'Agra, construit en 1863, par l'impératrice Nur Iaffan, dont le nom signifie : Lumière du monde. Persane d'origine, elle épousa le prince Iahangir et, veuve devint impératrice.
On admirera, dans cette éblouissante reproduction, des oeuvres appartenant aux maharadjahs et des collections documentaires.
Autour, eaux jaillissantes, fontaines lumineuses, arbres exotiques.
Devant : restaurant qui est lui-même une reconstitution du Khas Mahal, autre curiosité d'Agra.
A gauche : théâtre thibétain, avec, au centre, une réplique de la principale porte de la mosquée Badshabi, de Lahore.
Ente le palais et ce théâtre, un labyrinthe qui amuse étonnamment les passants.
Comme il convenait, le Danemark nous présente sa colonie du Groenland.
La aussi, évidemment, il y a de la documentation et qu'on examine avec intérêt. En songeant, sans doute, que le Danemark a "parqué" les Esquimaux. Oui, il ne permet pas qu'on aille voir, sans une autorisation spéciale, ce peuple primitif et enfantin qu'il protège ainsi contre une civilisation prématurée.
Des scènes de pêche et de chasse sont captivantes.
Deux vitrines représentent la vie au Groenland pendant l'été et pendant l'hiver, sous la tente et dans la maison.
Une pancarte vous explique la situation et vous la fait parfaitement comprendre.
Un attelage de huit chiens nous amène un traîneau sur lequel est assis un heureux pêcheur. Si on n'a pas vu cet attelage, on ne pourra pas se rendre compte de la plupart des romans qui en parlent.
Naturellement, exhibition de fourrures.
Exhibition, aussi, d'énormes ours blancs
qui vous aplatiraient comme des galettes et qu'on aimerait, cependant, voir apparaître dans sa chambre à coucher...sous forme de descentes de lit.
Canoë authentique en peau de phoque.
Cette section se trouve tout près de la porte de Picpus et groupe quatre pavillons aux tendances diverses.
L'un est dans le style du XVe siècle, époque des aventures et des aventuriers héroïques. C'est une haute tour carré que surmonte la croix sous le signe de laquelle voguaient alors, les caravelles en route pour leur destin hasardeux. Elle mesure 36 mètres de haut.
Second pavillon, à quoi préside le grand conquistador Alphonse d'Albuquerque, fondateur de la puissance portugaise aux Indes. Sa statue nous peint l'homme qui, sur un frêle bateau, osait franchir le cap de Bonne-Espérance, parcourir des milliers de lieues et passer des années loin de son pays.
Il renferme des pièces qu'a prêtées le musée militaire de Lisbonne.
Les autres pavillons et constructions sont plus spécialement documentaires.
Près du Portugal, dans l'axe de la porte de Picpus, est un pavillon consacré au tabac et où les fumeurs se pressent, comme vers un temple, un sanctuaire...ils en ont fait les frais, des frais qui ne se sont pas envolés en fumée inutile.
Soit à gauche de la porte d'honneur, quand vous entrez, soit à droite quand vous vous préparez à quitter l'exposition, un escalier, plutôt grand que grandiose, s'offre à vous.
Il faut quelque courage pour l'escalader.
On aurait bien dû, pour nous décider, le transformer en un Rialto quelconque.
Quand même, montons. Puis, hélas ! redescendons en l'autre versant.
Tout de suite une série de pavillons sollicitent votre visites.
Pavillon de la Publicité.
Pavillon de la Presse.
Pavillon de la Librairie, etc.
Un planisphère lumineux de l'exposition matérialise, fixe et précise le cadre de cette fête magnifique et unique jusqu'ici par son étendue.
Dans le coin à gauche la biscuiterie Brun nous attire par la vente de ses produits et, chose très rare, sur quoi il convient de s'arrêter pour des félicitations, nous vend ses produits à un prix ridicule de bon marché. Que les autres exposants n'en ont-ils point fait autant. Achetons lui donc ses "Marguerites", elles sont exquises.
En continuant notre chemin, nous somme happés par cette gigantesque construction qui rappelle invariablement feu la galerie des machines, qui eut, au Champ de Mars, tant de succès et la vie si dure.
On la dénomme encore : Palais des Groupes Industriels.
Songez qu'elle mesure 42.000 mètres carrés. Plus de quatre hectares.
Sa tour d'entrée a 85 mètres de hauteur et se termine par un phare prodigieux.
Je vous fait grâce des innombrables groupes qu'elle hospitalise. Au premier abord, on en est quelque peu effrayé par leur aspect sévère, presque leur offensive. On entre quand même
. En hésitant on y fait quelques pas, puis on se familiarise avec les produits, les vitrines, les objets et on va jusqu'au bout qui est bien à plus de 500 mètres de la porte d'accès.
D'ici et de là on s'attarde devant un de ces admirables produit de l'industrie française, ou bien on découvre un détail charmant : cinéma, wagon pullmann, motocyclettes, confiserie, chasse, pêche, etc., etc.
Dans un stand banalement consacré aux roulements à billes, j'y ai vu des petites billes d'acier, tombant du haut d'un étui, telles des gouttelettes d'eau, reçues sur des tambours métallique et qui rejaillissaient comme des clowns, sans jamais se tromper de direction, puis s'escamotaient dans une urnes.
C'est incroyable, invraisemblable. De la sorcellerie industrielle.
Que leur fabricant en soit loué.
Quand vous sortez de la section métropolitaine, avec deux ou trois kilomètres de plus dans les jambes, vous passez devant le Musée Permanent
: 88 mètres de longueur sur 60 de largeur.
Trocadéro de Vincennes, construit en dur, il survivra à l'exposition coloniale.
Sa façade est un chef-d'oeuvre tant de ses architectes Laprade et Jaussely, que du sculpteur Jannicot, secondé par Forestier et Barberis et trente autres praticiens également distingués. Il ne fallait pas moins que cette équipe de "tailleurs de pierres" pour façonner, derrière 32 minces et hautes colonnes, une dentelle qui n'a pas sa pareille dans le monde entier.
Sur le perron du monument, une colossale statue, par Drivier, de la France apportant la paix et la prospérité à ses colonies caractérise admirablement la présente exposition
.
Quand, la nuit venue, cette façade est illuminée, on se sent pénétré d'une pieuse admiration.
L'intérieure n'est pas moins remarquable : simplicité, harmonie, murs nus, sans carton, pâte ni corniches.
C'est un miracle de netteté.
Arrêtons ici les descriptions. Il faut voir son rez-de-chaussée et ses deux étages pour comprendre le Musée. Notre brochure n'y suffirait pas. C'est, en outre, toute l'histoire de la colonisation française et, le monde entier le proclame, sauf nous, nous sommes le peuple le plus colonisateur, celui auquel la nation colonisé s'attache affectueusement, pour qui la France a toujours été la Mère-Patrie.
Exemple : le Canada, presque délaissé par nous, ne nous a jamais oubliés.
Bornons-nous donc à parler du rez-de-chaussée du Musée. Nous y voyons un grand hall, avec galeries, au centre duquel est édifié une salle de fêtes de 1.200 places.
Puis c'est un planisphère de 6 mètres sur 12, un aquarium avec poissons exotiques, fresques de Duco de la Haille, salons ovales de Rulhmann et de Printz.
Dans un paysage, un miroir d'eau est généralement d'un magnifique effet et se prête à beaucoup de combinaisons.
On était en droit d'en attendre ainsi du Lac Daumesnil.
A cet égard, les espoirs n'ont pas été déçus et les organisateurs de l'exposition ont su tirer de ce décor tout ce qu'il pouvait donner.
Le lac peut avoir une superficie d'une vingtaine d'hectares, dont 15 pour l'eau et 5 pour les deux îles : île de Bercy et île de Reuilly.
Ils ont placé dans ces deux îles des attractions variées, des brasseries, des cafés, des restaurants, des boutiques, un théâtre, un labyrinthe (rive nord de l'île de Bercy), un buffet d'eau à la pointe orientale de l'île de Reuilly.
Trois ponts d'eau lumineux relient l'île de Bercy, à l'est avec l'autre côté du lac.
Les deux ponts de l'île de Reuilly offrent également des voûtes d'eau lumineuses.
Une fontaine lumineuse : le grand signal, installé sur la rive est du lac s'allume avec une intensité particulièrement intense et des feux variés.
On ne se lasse pas de la contempler.
En attendant des joutes et autres fêtes sur les eaux, le lac est, dès maintenant, sillonné par des bateaux à bras et à moteur.
S'il est possible, le soir, à l'exposition, est peut-être encore plus beau que le jour.
Allez-y y passer quelques heures après dîner, vous en reviendrez émerveillés.
Même, il est mieux encore d'y dîner pour assister aux toutes premières illuminations.
Leur éveil est féerique.
Une nappe étincelante de lumière s'étend, comme à la suite d'un coup de baguette magique, sur l'étendue mouvante du parc.
Les Palais, les boutiques, les paillotes, qui s'assoupissaient, renaissent soudain, rajeunis et plus beaux. Ils semblent costumés en vue d'une fête. Un décor nouveau les imprègne.
Vous-même, spectateur émerveillé, vous participez inconsciemment à cet épanouissement général, vous découvrez une exposition dont vous ne vous doutiez pas et vous en ressentez dans l'intimité de votre être, un vif plaisir qui persistera jusqu'à la fermeture des portes.
Vous ne vous doutez guère de ce qui se consomme en lumière. Mais qu'est-ce que cela ajouterait à votre éblouissement de savoir que pour la joie de vos yeux, on a prévu un budget d'électricité qui dépassera 15 millions de francs.
Cette année on a fait un usage prodigieux des projecteurs qu'on a dû dissimuler aux bons endroits et dont le pinceau éclatant caresse adorablement la façade des monuments.
Sous son emprise, le temple d'Angkor, en particulier, apparaît comme doué d'une vie intense, comme habité par ses dieux. Dans son Inde primitive, il est, certainement, moins admirable. Dans le ciel noir, il se dessine avec une pureté singulière, mettons orientale... ou divine
.
Les ponts qui relient au continent (?!) l'île de Reuilly, sont surmontés d'arches liquides où l'eau, illuminé, de l'eau en feu, brille comme un arc-en-ciel
.
Les hautes lanternes, les phares prestigieux sont, dans le ciel voisin, comme des étoiles et vous regardent tandis que vous les contemplez.
Les arbres eux-mêmes ont dépouillés leur feuillage terne, que la poussière remuée incessamment , inlassablement, vigoureusement, par cinq cent mille pieds, a légèrement saupoudrés, et se sont habillés d'une parure claire, étincelante et gaie. Ils sont devenus des arbres lumineux.
La nuit est vaincue.
Ou, plutôt, elle s'est vêtue de lumière.
Dans cette aube du soir les gens se transfigurent, leur coeur se dilate, le plaisir fait briller les visages, les yeux s'allument de reflets tout neufs. La fatigue s'est enfuie, on a le désir et la sensation d'un bonheur inédit.
Le visiteur, lui aussi, est illuminé.
Il y en a partout : devant la porte de Reuilly, à l'entrée de l'avenue des Iles (fontaine de la Belle-Fleur), sur la rive orientale du lac : le Grand Signal.
Sur la pelouse qui s'étend devant le Palis Agricole et celui du Métro.
Du 1er au 4. - La Musique de la Légion Etrangère.
Jeudi 4. - Premier Mai de l'Enfance
Vendredi 5. - L'après-midi : Inauguration des Grands Concerts Symphoniques Coloniaux. La Société des Concerts du Conservatoire, sous la direction de M. Philippe Gaubert.
Le Soir : au Théâtre d'Eau : La Fête de la Lumière avec les ballets de Loïe Fuller.
Vendredi 12. - Le soir : au Théâtre d'Eau : La Nuit Africaine. Danses et Musiques Sénégalaises et Malgaches.
Samedi 13. - Journée de l'Afrique Noire.
Dimanche 14. - Fête des Scouts.
Jeudi 18. - 2e Gala de l'Enfance : Bécassine chez les Noirs.
Vendredi 19. - L'après-midi : 2e Grand Concert Symphonique colonial.
Le Soir : au Théâtre d'Eau : Fête nautique : La Nuit Tahitienne.
Vendredi 26. - Le soir : Gala : Reconstitution d'une fête de nuit sur le lac du Cambodge.
Samedi 27. - Fête du Tourisme Coloniale.
Vendredi 3. - Le soir : Retraite aux Flambeaux. Au Théâtre d'Eau : La Fête des Floralies.
Dimanche 5 et Lundi 6. - Les Orphéons et Fanfares de Belgique.
Dimanche 12. - Fête de l'Armée Coloniale.
Lundi 13. - Grande Fête de Nuit : La Féerie Coloniale.
Vendredi 24. - Le soir : Gala : La Nuit Indochinoise.
Samedi 25. - Journée Indochinoise.
Samedi 1er et Dimanche 2. - Concerts par la Musique des Grenadiers de la Garde Royale Anglaise.
Samedi 8 (au Vélodrome). - Fête de l'Athlétisme indigène.
Vendredi 14. - Grande Fête de nuit : La Féerie Coloniale, grand feu d'artifice.
Vendredi 28. - Soirée de gala : La Nuit Antillaise.
Samedi 29. - Journée des Vieilles Colonies.
Samedi 5 (au Vélodrome). - Fête des Armes indigènes.
Samedi 19 (au Vélodrome). - Fête de l'Athlétisme Coloniale.
Vendredi 25. - Soirée de gala.
Samedi 25 et Dimanche 26. - Concerts de la Musique de la Garde Royale Néerlandaise.
Imp. Racine, 18, r. de Romainville, Paris